13ème Journée de l’Economie

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Protectionnisme, nationalisme et tensions commerciales mondiales sous les projecteurs

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06/03/2019 | Évènements
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    © Arnaud de Villenfagne

Les travaux de la 13ème Journée de l’Économie, organisée par le ministère de l’Économie, la Chambre de Commerce du Luxembourg et la FEDIL – The Voice of Luxembourg’s Industry, en étroite collaboration avec PwC Luxembourg, se sont concentrés sur les tensions qui parcourent aujourd’hui le commerce mondial, et les moyens de traverser au mieux cette période troublée. Tout au long de la journée, experts issus du monde des affaires, universitaires et hommes politiques ont planché sur ces questions stratégiques, qui affectent les relations commerciales et économiques à l’échelle globale.

Protectionnisme et Brexit
Le protectionnisme a connu ces dernières années une recrudescence frappante, sous des formes diverses, au point de menacer le cadre d’un commerce mondial fondé sur le libre-échange. Les États-Unis ont adopté des mesures contre les importations en provenance de Chine, auxquelles la Chine a promptement réagi ; deux des géants de l’économie mondiale se trouvent ainsi au bord d’une véritable guerre économique. Quant au Brexit, il suscite bien des interrogations, et fort peu de réponses.

Emily Khan, responsable du programme Beyond Brexit chez PwC UK, s'est attaquée à ce vaste sujet. Son exposé a mis en lumière les conséquences imprévues du Brexit, et l’incertitude paralysante qu’il impose aux entreprises. Son conseil pour y faire face est que les entreprises se recentrent sur leur future stratégie de marché, leur conformité aux régulations et une croissance durable sur les marchés mondiaux. Elle a ajouté dans un élan d’optimisme : « Essayez d'ignorer la politique. Misez sur vos points forts. Prévoyez le pire mais espérez le meilleur ».

Un libre-échange durable ?
L’un des principaux sujets abordés au cours de l’événement fut l’état du commerce international et son incidence sur les récents événements socio-politiques mondiaux. Dans le sillage des transformations que le monde a connues ces dernières années - percées technologiques sans précédent, glissements géopolitiques vers un nationalisme de plus en plus affirmé - les échanges commerciaux se trouvent désormais plongés dans un climat d’incertitude globale.

André Sapir, professeur d'économie à l'Université libre de Bruxelles - et l'un des principaux orateurs de l'événement, a exprimé ses inquiétudes sur l'avenir de la mondialisation et du libre-échange. « La combinaison de la grande transformation et de la récession a créé des difficultés politiques et déclenché la montée du populisme, qui va de pair avec le nationalisme et le protectionnisme », a-t-il déclaré. « La mondialisation est-elle durable ? Je suis un peu moins optimiste aujourd'hui qu'il y a 10 ans, car le système est moins résistant et la crise a laissé des traces ».

Discutant des conséquences potentielles d’une guerre commerciale généralisée et des conséquences d'un tel scénario sur les petits pays, mais également sur les trois grandes puissances mondiales (UE, États-Unis et Chine), Sapir a suggéré que l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) examine ses politiques en matière d'accords commerciaux et aborde la question de l'évasion et de l'optimisation fiscales. « La cohésion sociale coûte de l'argent. Comment pouvons-nous financer cela ? Grâce aux impôts », a-t-il déclaré.

Vers la santé économique
Dani Rodrik, professeur d’économie politique internationale à l’Université de Harvard, a également évoqué la question de la mondialisation. « Nous devrions réfléchir à une mondialisation qui fonctionne pour tous les pays », a-t-il déclaré. « Les pays qui ont profité des avantages de la mondialisation devraient être plus tolérants envers leurs pairs moins chanceux ». Parlant d'une « économie mondiale saine », il a également ajouté : « On ne peut y parvenir que si chaque pays s'assure que son économie est saine et inclusive. Cela implique d’investir dans les personnes, l’éducation, la santé, de redistribuer les revenus, de fournir une assurance sociale et de s’assurer que les gens occupent des emplois stables et à la mesure de leurs compétences et de leurs aptitudes ».

John Parkhouse, CEO de PwC Luxembourg, a également abordé la pénurie des compétences et le rôle important que les entreprises peuvent jouer face à ce problème. Au cours de son allocution, il a évoqué l’enquête annuelle menée par PwC auprès de 3200 dirigeants d’entreprises, qui révèle cette année « un record de pessimisme ». Cela est dû non seulement aux préoccupations liées à l’incertitude politique et aux conflits commerciaux, mais aussi et surtout à l’indisponibilité globale des compétences dont ils ont besoin. Estimant qu'il s'agit d'un défi majeur dans le monde et en particulier pour les dirigeants luxembourgeois qui luttent pour combler le manque de talents. John Parkhouse a souligné l'importance de la mise en place d’une politique d'inclusion au niveau national consistant notamment à « mettre fortement l'accent sur la formation. Du point de vue des entreprises, la question de l’actualisation des compétences est désormais cruciale pour notre capacité à combler le déficit de talents ».

Etat de la nation
La plupart des experts présents lors de la conférence sont convenus que le Luxembourg se maintient plutôt bien malgré toutes les tensions économiques mondiales. André Sapir l’explique par « la bonne gouvernance et la confiance de la population dans le gouvernement du pays ». Si de son côté, Dani Rodrik attribue le bien-être du pays à son puissant avantage concurrentiel ; il a également déclaré : « Le Luxembourg n’est pas totalement à l’abri des crises économiques mondiales actuelles ou futures ». « Des pays comme le Luxembourg ou Singapour ont un rôle à jouer pour être plus tolérants aux problèmes des autres pays et pour être les défenseurs d'une mondialisation durable pour tous », a-t-il ajouté.

Carlo Thelen, directeur général de la Chambre de commerce du Luxembourg et Etienne Schneider, vice-Premier ministre et ministre de l’Economie luxembourgeois, étaient également présents.

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