PwC: Le Luxembourg sera sur la carte mondiale des talents

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Compétitivité, mouvement des talents et prospérité économique étaient au cœur de la Journée de l’Economie 2016

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02/03/2016 | Évènements
  • Journée de l'Economie 2016 2

    © Arnaud de Villenfagne

Secteur financier en profonde évolution, diversification de l’économie au regard de la transformation digitale, capital humain et compétences, formation professionnelle et universitaire, viviers de talents mondiaux, visibilité du Luxembourg à l’étranger… De nombreux sujets stratégiques ont été abordés le 25 février dernier à l’occasion de la Journée de l’Economie, organisée conjointement par le Ministère de l’Economie, la Chambre de Commerce du Luxembourg, la Fedil et PwC Luxembourg depuis 10 ans.

Le capital humain, matière première du Luxembourg
Aujourd’hui, le Luxembourg fait face à de nombreux défis à long terme. La question de la diversification de son économie au-delà du secteur financier, qui représente toujours un poids économique important au Luxembourg a très vite été abordée. Carlo Thelen (Directeur Général de la Chambre de Commerce du Grand-Duché) a ouvert son propos introductif en insistant sur le fait qu’une économie aussi ouverte que celle du Luxembourg nécessitait en permanence un vivier important de talents, relayé plus tard dans ce constat par le Vice Premier Ministre et Ministre de l’Economie Etienne Schneider.

Dans un contexte aussi stratégique, le Luxembourg doit nécessairement s’assurer qu’il dispose du meilleur vivier de talents pour affronter ces défis, des talents pas forcément présents sur son sol.

Paul Evans, Directeur Scientifique de l’INSEAD qui édite depuis trois ans l’Index Global Compétitivité et Talents (GTCI) a insisté dans sa présentation sur la définition de talent, ce dernier ne visant pas uniquement les personnes dotées d’une formation universitaire comme on peut souvent le penser, mais bénéficiant de compétences spécifiques requises dans un domaine bien particulier.

Le même Paul Evans plaidera pour davantage de formation professionnelle et continue, insistant fortement sur la valeur excessive portée à la formation universitaire classique qui pousse un trop grand nombre de jeunes à rentrer dans des formations généralistes théoriques ne correspondant pas forcément aux besoins des secteurs d’activité du territoire.

Si le Luxembourg se positionne bien (3e) dans l’Index Global Compétitivité et Talents en attirant de nombreux talents venus de l’étranger, Jonathan Chaloff de l’OCDE a quant à lui exprimé les pistes de progression que le Luxembourg devra emprunter non seulement pour attirer ces talents, mais également pour les faire rester au Grand-Duché. Des progrès restent à faire dans l’assouplissement des conditions d’accès pour les travailleurs étrangers dans des domaines clés comme le digital ou bien encore la révision de la procédure d’accueil des salariés dirigeants, ainsi que l’adaptation des modalités en place pour les étudiants non-ressortissants européens suivant un cursus universitaire dans le pays, afin de leur donner la possibilité de rester et de s’installer en trouvant un emploi.

Une intervention qui mettra en lumière l’importance des employeurs luxembourgeois à considérer les ressortissants étrangers comme une cible active de recrutement (dans de nombreux pays, les entreprises les recrutent plutôt par hasard). S’assurer que leur famille soit bien accueillie, que leurs enfants s’intègrent facilement dans le système scolaire local et que leur conjoint soit aidé dans sa recherche d’emploi augmentera fortement la chance de les voir s’installer au Luxembourg à long terme.

Le Professeur Dr. Rainer Klump, Recteur de l’Université du Luxembourg, a quant à lui expliqué l’orientation résolument internationale de l’Université, qui attire désormais de nombreux étudiants notamment grâce à son caractère multilingue. Cependant le développement de talents ne commence pas à l’université, mais le plus tôt possible : à ce sujet, l’intervention de Stéphanie Damgé, Directrice de l’asbl Jonk Entrepreneuren (bénéficiaire d’un don de 16 000 EUR l’année passée de la part des partenaires de la Journée de l’Economie) a été tout à fait parlante, mettant en avant de plus en plus de programmes pratiques développés pour initier les élèves du primaire ou du secondaire à l’entreprenariat.

Un des moments saillants de ce 25 février dernier fut celui organisé autour de workshops auxquels les participants ont pu prendre part. Trois ateliers ont ainsi permis un libre échange sur des sujets profondément liés à la thématique générale de la Journée de l’Economie :

  • Le Luxembourg est-il prêt pour accueillir les talents ? avec Michel Roumieux (PwC Luxembourg) et Valérie Massin (Arcelor-Mittal) ;
  • Développer les initiatives pour accompagner les flux migratoires au Luxembourg, en compagnie de Michel Beine (Université du Luxembourg) et Bénédicte Burioni (PwC Luxembourg) ;
  • Former les talents digitaux à Luxembourg animé par Christian Scharff (PwC Luxembourg) et Nico Binsfeld (House of Training).

Ils ont été à l’origine de débats riches et intenses.

La guerre des talents à l’ère digitale
Arrêtons-nous un instant sur les talents digitaux. Certains chiffres marquants ont permis de comprendre l’intérêt vital de recruter ou former des talents dans ce domaine : 750 000 postes seront à pourvoir dans le digital en Europe d’ici 2020, 59% des entreprises au Luxembourg ont du mal à recruter des compétences dans le digital, voire 77% des entreprises considèrent qu’elles n’ont pas les bonnes compétences en interne pour aborder leur transformation digitale. Ces indications, révélées par Christian Scharff (PwC Luxembourg) lors du workshop qu’il a co-animé avec Nico Binsfeld (House of Training), ont permis d’illustrer la nécessité pour chaque entreprise de créer une stratégie de recrutement de talents pour l’ère digitale mais aussi de sensibilisation des dirigeants d’entreprise aux opportunités qu’offrent les technologies digitales.

Un constat partagé plus tard dans la journée par Michel Beine (Université de Luxembourg) et Nico Binsfeld (House of Training) qui ont insisté sur une meilleure coopération entre acteurs publics et privés dans la mise en place d’une offre de formations diplômantes efficaces et rapides pour pallier à l’inadéquation entre l’offre et la demande d’emplois dans le secteur digital du pays.

L’exemple de l’école WebForce3, qui prépare des développeurs-intégrateurs Web immédiatement opérationnels, est dans ce sens un succès : avec une formation intensive de 490 heures en 3 mois et demi, cette initiative a pu se concrétiser grâce à un partenariat conclu entre l’Agence pour le développement de l’emploi (ADEM) et la société NumericALL (représentée par son CEO, Yves Lepage) qui gère l’école WebForce3 à Luxembourg. Ainsi, NumericALL consolide une pédagogie qui a prouvé depuis 2 ans son efficacité à développer des compétences opérationnelles alliée au savoir-faire de l’ADEM pour identifier des candidats passionnés d’informatique et motivés par les métiers du code, en lien étroit avec les entreprises en recherche. Un exemple-type de la nouvelle génération de formations (flexibles, rapides, et résolument orientées « résultats ») parfaitement adaptée pour l’insertion sur le marché du travail.

Rendre le Luxembourg visible
Luxembourg attire déjà les talents au-delà de ses frontières. Situé à la 3ème position de l’Index Global Compétitivité et Talents publié par l’INSEAD, le pays a fortement augmenté son attrait, surtout si l’on regarde six années en arrière, puisqu’en 2010 il ne se positionnait qu’à la 16ème position. Cependant, si cette 3ème position fait rêver notamment ses voisins, Paul Evans a souligné dans son intervention qu’au regard de son PIB, sa compétitivité devrait être nettement plus élevée.

Quel est alors le principal défi auquel le Luxembourg devra faire face pour encore mieux attirer et retenir les talents dans le futur ? De manière provocatrice Paul Evans lancera : « In the competition among large cities, you are not on the map », indiquant ainsi que la visibilité du Luxembourg en tant que ville reste très en retrait quand on le compare avec d’autres villes internationales comme Londres, Paris, mais aussi Copenhague, Dubaï ou Singapour. Un enseignement essentiel que John Parkhouse, CEO de PwC Luxembourg, a clairement résumé en insistant sur le fait que si le pays a réussi depuis longtemps à accueillir les entreprises sur la base d’un cadre réglementaire attractif, il est temps à présent de pouvoir dire qu’il fait bon travailler et vivre au Luxembourg.

Sasha Baillie (Présidente du Comité interministériel « Nation Branding ») a révélé quant à elle dans son intervention les résultats de l’action du Gouvernement en terme de « Nation Branding » relevant ainsi le manque de visibilité du Luxembourg à l’international. Une démarche en deux étapes.  En premier lieu celle d’identifier les valeurs de la marque Luxembourg : trois marqueurs fondamentaux (ouverture, fiabilité et dynamisme) ont ainsi été révélés. En second lieu de les traduire en actions qui permettront à chacun, acteur public, privé, individu ou entreprise, de porter les valeurs du Luxembourg au quotidien. La Chef de Cabinet adjointe du Vice Premier Ministre évoquera ensuite dans son propos des exemples concrets à ce sujet, comme la formation des agents publics au contact des citoyens (résidents ou étrangers), un projet pilote en cours au Ministère du Tourisme, mais aussi de salariés du secteur privé en rapport avec les voyageurs étrangers comme par exemple à l’Aéroport de Luxembourg.

Paul Evans, à nouveau, insistera sur la stratégie de « spécialisation » du Gouvernement à accentuer le développement du secteur non-financier, à savoir la mise en place de clusters économiques qui permettront de mettre en relation les entreprises, la recherche et le développement, pilotée par l’Université de Luxembourg et les centres de recherche (comme le LIST ou le LIH) et les talents du monde entier dans des domaines bien spécifiques et porteurs. Paul Evans appuiera encore son propos sur la formation des jeunes luxembourgeois à l’international, et surtout en Asie qui concentre actuellement toute l’attention en termes d’affaires, en se référant à des études scientifiques montrant clairement la corrélation entre exposition à l’étranger et capacité d’innovation et d’adaptabilité à des situations professionnelles complexes.

Des défis structurels à ne pas perdre de vue
Le panel de discussion final, animé par la journaliste Daniela Vincenti (Rédactrice en chef, EurActiv) a fait ressortir un certain nombre de défis structurels qu’il faudra par ailleurs surmonter :

  • Le clivage entre le secteur public (les Luxembourgeois étant largement prépondérants dans l’administration du pays) et le secteur privé (largement dominé par les salariés non luxembourgeois, résidents ou frontaliers) pouvant mener, selon Jonathan Chaloff, à une « Dubaïsation » du Luxembourg ;
  • L’efficacité du système d’éducation (notamment primaire et secondaire), c’est-à-dire la relation entre son coût et sa capacité à s’adapter à la nouvelle donne en matière de formation ;
  • Le développement lent en matière d’infrastructures, notamment à rayonnement international (la Philharmonie ou la Rockhal seront citées comme exemples positifs à suivre).

Autres défis supplémentaires : le « Schengxit », c’est-à-dire l’implosion possible de l’espace «Schengen» en Europe suite à la crise migratoire, soulignée par Carlo Thelen, et qui aurait un effet dévastateur pour le Luxembourg. Mais aussi la problématique de l’acceptation, par la population luxembourgeoise, d’une immigration de plus en plus forte et internationale. Comme le référendum de 2015 l’a clairement montré, les efforts en matière d’intégration doivent devenir une priorité afin d’éviter des tensions sérieuses. Par ailleurs, il ne suffira pas de réviser la politique d’immigration. Le Luxembourg devra également passer au crible son système d’éducation et la réglementation du marché du travail afin de créer un environnement propice au développement de talents. Des défis dont le Gouvernement a clairement conscience, comme l’a montré le discours de clôture d’Etienne Schneider, et dans lequel de nombreuses pistes d’action ont été présentées.

La Journée de l’Economie aura permis de remplir à nouveau son rôle de catalyseur/stimulateur d’idées et d’échanges. Rendez-vous est pris pour la prochaine édition en 2017 !

La Journée de l’Économie soutient l’entreprenariat. Les recettes tirées des frais d'inscription seront entièrement reversés à nyuko a.s.b.l. qui accompagne les start-up et la création d’entreprise innovante à Luxembourg (www.nyuko.lu).

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