"La croissance chinoise pourrait aider la zone euro"

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Dr Mathilde Lemoine, Group Chief Economist d’Edmond de Rothschild a publié ses prévisions macro-économiques pour 2019 et pour 2020.

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12/12/2018 | Communiqué
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Comme nous l’avions anticipé, les États-Unis sont au coeur de la croissance mondiale et décident de l’agenda économique international. Au-delà de son objectif de croissance intérieure, le président chinois ne peut pas se laisser distancer par les États-Unis en matière de leadership. C’est pourquoi le plan de relance déjà engagé par Xi Jinping devrait être complété. Cette source asiatique de croissance mondiale limiterait l’impact négatif de l’incertitude persistante quant aux modalités de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, du risque d’augmentation de sièges gagnés par des partis anti-européens aux élections européennes le 26 mai 2019, des tensions entre l’Italie, l’Allemagne et la France et de l’ouverture de nouvelles négociations commerciales par les États-Unis avec l’Union européenne et le Royaume-Uni.

Si la Chine complète son plan de relance comme nous l’anticipons, sa croissance pourrait accélérer légèrement au premier semestre 2019 à 6,7%. La croissance américaine, bien qu’affaiblie par la fin des effets du plan de relance atteindrait 2,7% grâce au dynamisme de consommation des ménages. Le PIB de la zone euro n’augmenterait que de 1,5% en 2019 et de 1,4% en 2020.

Les Etats-Unis au coeur de la croissance mondiale

L’analyse avait conduit les équipes de Recherche économique dirigées par Mathilde Lemoine à considérer que la réforme fiscale pourrait avoir un impact structurel et non seulement conjoncturel sur l’activité économique aux États-Unis. Les premiers chiffres montrent que cela a été le cas au premier semestre puisque les capacités de production ont augmenté. Par ailleurs, de nouveaux travailleurs sont entrés sur le marché du travail, ce qui a limité les hausses de salaires.

En conséquence, la croissance pourrait être encore très dynamique en 2019 soutenue par la consommation des ménages et des effets persistants de la réforme fiscale sur la compétitivité des entreprises américaines. C’est pourquoi, nous anticipons une croissance de 2,7% en 2019 après 2,9% en 2018 et pas de récession en 2020.

Zone euro : vacances institutionnelles déstabilisantes

Après un phénomène de rattrapage, la croissance en zone euro manque de relais. De plus, l’année 2019 est une année de changements institutionnels, ce qui va alimenter l’incertitude. En particulier, la perspective d’une augmentation des représentants des partis anti-européens dans les instances européennes et d’un président de la banque centrale moins allant pour mener des actions non conventionnelles va accroître la prime de risque politique de la zone euro et la volatilité sur les marchés obligataires. De plus, notre analyse des flux de commerce et des spécificités de la politique commerciale européenne montre que la zone euro pourrait être la grande perdante de la guerre commerciale sino-américaine.

L’objectif américain consiste à prendre des parts de marché à ses partenaires commerciaux. Après la hausse des droits de douane, les Américains ont ouvert une négociation bilatérale avec l’Union européenne. Ils veulent pousser les Européens à accroître leurs importations agricoles sous la menace d’une hausse des droits de douane sur les importations d’automobile aux États-Unis. Simultanément, la Chine cherche de nouveaux marchés pour limiter l’impact négatif des droits de douane sur les volumes exportés.

Le PIB de la zone euro n’augmenterait que de 1,5% en 2019 et de 1,4% en 2020. Toutefois, la dépréciation de l’euro serait limitée par la réduction des flux financiers sortants et le plus grand contrôle des chambres de compensation traitant en euros par la Banque centrale européenne.

Le plan de relance chinois déterminant pour stabiliser la croissance mondiale.

La décélération de la croissance au troisième trimestre à 6,5% a résulté de la forte chute de l’investissement en infrastructure et non de la guerre commerciale. Afin de maintenir le rythme de croissance proche de son objectif de 6,5%, le gouvernement a engagé un assouplissement monétaire et a annoncé des baisses d’impôts pour les ménages et les entreprises. Ce plan de relance est déterminant pour la croissance mondiale.

En effet, l’investissement en infrastructure chinois a un impact direct sur le prix des matières premières, puis sur l’activité des pays exportateurs de matières premières, sur le commerce mondial et sur la production industrielle des pays développés. C’est ce cercle vertueux qui s’est enclenché en 2016 après que la croissance chinoise a chuté.

Au-delà de son objectif de croissance intérieur, le président chinois ne peut pas se laisser distancer par les États-Unis en matière de leadership. C’est pourquoi nous anticipons une légère accélération de la croissance chinoise à 6,7% au premier semestre 2019.

Si notre prévision d’accélération, même modeste, de la croissance chinoise se confirmait, les pays émergents pourraient alors faire une pause dans la remontée de leurs taux directeurs. En effet, les banques centrales indonésienne, philippines, indienne avaient été contraintes de les augmenter pour éviter une chute inflationniste de la devise, ce qui a pesé sur les crédits. De plus, certains pays comme le Brésil et la Turquie qui ont particulièrement souffert des incertitudes politiques pourraient voir leur activité économique se redresser au premier semestre. La croissance des pays émergents se stabiliserait à 4,8% en 2019 selon nos prévisions.

Conclusion : La zone euro va-t-elle succomber au plan de relance?

L’accélération de la croissance aux États-Unis a confirmé l’hypothèse de désynchronisation de la croissance mondiale, ce qui a déstabilisé les pays émergents. Parallèlement, les craintes d’un recul du commerce mondial ont pesé sur leurs perspectives d’activité. La plupart des banques centrales émergentes ont été contraintes de relever leurs taux directeurs pour éviter une trop forte dépréciation de leurs devises, ce qui a encore réduit la croissance. Les autorités chinoises ont, quant à elle, assoupli leur politique monétaire pour prévenir une nouvelle décélération de la croissance résultante de la chute des investissements en infrastructure. La crédibilité du plan de relance chinois est déterminante pour la stabilisation de la croissance mondiale début 2019.

En effet, dans un contexte de faible croissance l’Union européenne va faire face à un renouvellement de ses instances avec un risque de renforcement de la présence des partis anti-européens. De plus, la zone euro devrait être la grande perdante de la guerre commerciale sino-américaine.

En conséquence, même si la croissance mondiale ne ralentit qu’au second semestre 2019 grâce à une extension du plan de relance chinois, les vacances institutionnelles européennes et la guerre commerciale vont maintenir élevée la volatilité sur les marchés obligataires. La progression de l’endettement américain et chinois y contribuera également.

Sans relais de croissance, alors que les tensions politiques sont paroxystiques et avec la garantie que la Banque centrale européenne ne remontera pas son taux directeur avant 2020, la zone euro va-t-elle aussi succomber à la mode du plan de relance ? Si une telle initiative stabilisait les perspectives de croissance à court terme, elle hypothéquerait celles de moyen terme. Le potentiel de croissance dépend toujours et encore de la productivité conclut Mathilde Lemoine.

 

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